Brexit : quelles conséquences pour la mobilité des étudiants ?


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    C’est désormais officiel depuis le 1er février dernier, le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union Européenne. Après 43 années au sein de cette institution, quelles vont être les conséquences pour la mobilité étudiante ? Et comment s’organiseront les relations futures entre la France et le Royaume-Uni ? Nous tentons d’y répondre dans cet article.

    Brexit : rappel du contexte

    Le jeudi 23 juin 2016, 51,9% des Britanniques interrogés lors d’un référendum ont voté en faveur de la sortie de l’Union Européenne.

    Un peu moins d’un an plus tard, le 29 mars 2017, le gouvernement en place a ainsi notifié les instances européennes de quitter l’association politico-économique instaurée par le traité de Rome de 1957.

    D'où vient le mot Brexit ?
    L’expression “brexit” est issue de la contraction des mots “british” et “exit”

     

    Mais quitter une telle institution ne se fait pas du jour au lendemain. La date de sortie effective a ainsi été repoussée à plusieurs reprises et les négociations ont été plus que houleuses, amenant même à la démission de la Première Ministre, Theresa May, durant l’été 2019.

    C’est son successeur, Boris Johnson, qui réussit finalement a mettre tout le monde d’accord et le 31 janvier 2020, la rupture était finalement consommée.

    Sortie de l’UE du Royaume-Uni : quelles conséquences pour les étudiants français ?

    La France est le sixième “fournisseur” d’étudiants à l’étranger et le pays qui en envoie le plus dans le cadre du programme Erasmus +. Le Royaume-Uni faisant partie des destinations préférées de ces jeunes, il est donc légitime de se poser la question de l’avenir de ces jeunes.

    La fin du programme Erasmus+ ?

    Première chose à savoir, pour les étudiants actuellement en échange au Royaume-Uni, rien ne change puisque le gouvernement a bien précisé : “toute activité Erasmus peut aller jusqu’à son terme”. Du moins jusqu’au 31 décembre 2020, date de la fin de la période de transition.

    Passé cette période, personne ne sait encore quelle sera l’implication du Royaume-Uni dans le programme Erasmus+. Néanmoins, il est nécessaire de rappeler que les accords mis en place par l’Europe sont étendus à certains pays qui ne font pas partie de l’Union, tels :

    • la Norvège
    • l’Islande
    • ou même la Turquie.

    Par conséquent, ce Brexit ne signe pas obligatoirement l’arrêt total des échanges d’étudiants.

    L’exemple de la Suisse

    Prenons l’exemple concret de la Suisse. Le pays était membre d’Erasmus jusqu’en 2014. Après un référendum, les habitants ont choisi à cette date de quitter le programme. Pour palier cette “perte”, un programme alternatif a été mis en place : le Swiss-European Mobility Program (SEMP).

    Le principe reste le même à l’exception faite que ce n’est pas Bruxelles qui finance le programme mais la Suisse elle-même. Il est donc tout à fait possible que le Royaume-Uni suive cet exemple.

    Quel sort pour les stagiaires après le Brexit ?

    Si la décision du Royaume-Uni de mettre fin à sa relation avec l’Union Européenne aura de lourdes conséquences à toutes les échelles, les étudiants en stage outre Manche sont toutefois épargnés.

    En effet, le statut des stagiaires et les règles régissant leur accueil dépendent déjà du pays d’accueil et ne sont ni harmonisées au sein de l’U.E., ni au sein l’Espace Economique Européen. Le Brexit ne change donc rien à la donne, vous pourrez toujours partir en stage au Royaume-Uni.

    Et du point de vue de l’enseignement supérieur ?

    Les universités Britanniques (Oxford et Cambridge notamment) sont régulièrement citées parmi les meilleures de la planète et attirent chaque année des milliers d’étudiants étrangers dont une grande partie européens. Jusqu’à présent, ces jeunes bénéficient de frais de scolarité alignés sur ceux de leurs camarades anglais, écossais, gallois ou irlandais.

    Ces conditions restent inchangées jusqu’à la fin de la période de transition, mais au delà, mystère…Le gouvernement a donc jusqu’au 1er janvier 2021 pour définir les nouvelles modalités d’inscription des étudiants de l’Union Européenne dans les facs du Royaume-Uni.

    Les crédits ECTS sont-ils toujours valables après le Brexit ?

    À l’opposé, le Brexit n’a pas d’impact sur les crédits ECTS (European Credits Transfer System) puisque le Royaume-Uni reste membre de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur ou EEES.

    Les cours validés avant la sortie seront toujours valables et ceux obtenus après seront également reconnus par les 47 autres membres du processus de Bologne.

    Permis de séjour, visas.. : qu’est-ce que cela va changer ?

    Qui dit Brexit, dit obligatoirement visa ? Et si les étudiants Européens n’ont actuellement besoin que d’une carte d’identité pour se rendre ou étudier au sein du Royaume-Uni, le Brexit pourrait bien changer la donne…

    Le Royaume-Uni ne faisant pas partie de l’Espace Schengen, une carte d’identité est nécessaire pour entrer sur le territoire

    Au même titre que les USA qui exigent un visa j1 pour pouvoir y effectuer un stage, le Royaume-Uni pourrait ainsi imposer à son tour, plusieurs visas pour les voyages touristiques, les séjours d’études et les séjours professionnels.

    Encore et toujours, les conditions seront définies durant cette année de transition et il est tout à fait possible que rien ne change au final.

     

    En conclusion, un certain flou règne autour des conséquences du Brexit sur la mobilité des étudiants français et européens. Ce brouillard sera levé progressivement au cours des mois transitoires.

    Cependant, plusieurs acteurs se veulent rassurants, indiquant que le Royaume-Uni serait le plus gros perdant dans l’histoire en se privant de milliers d’étudiants internationaux.