Brexit : quelles conséquences pour la mobilité des étudiants ?


    Brexit : ce qui va changer

    Approuvé par référendum, ce Jeudi 23 juin 2016 sera un tournant décisif pour toute l’Europe : le Royaume-Uni a voté en faveur du Brexit. Après 43 années au sein de l’Union Européenne, qu’elles vont être les conséquences pour la mobilité étudiante ? Et comment s’organiseront les relations futures entre la France et le Royaume-Uni ?

    Faut-il craindre des retombées immédiates ?

    Après plusieurs semaines de débats, de rumeurs et d’incertitudes, les anglais ont tranché ! Et ce que l’on peut dire, c’est que ce Brexit va surement provoquer plusieurs changements pour les étudiants. Et pour cause, avec le chamboulement du programme Erasmus+, l’instauration probable d’un système de visa obligatoire et la flambée du coût des études pour les étudiants, partir en Grande-Bretagne risque bien de devenir plus compliqué dans les années à venir…

    S’il est encore difficile d’avoir une idée précise de ce qu’adviendra le sort des étudiants français, la décision de quitter l’UE est encore fraîche, et plusieurs négociations devraient s’en suivre, on parle alors de plusieurs années avant que les discussions arrivent à un compromis. Il faut aussi savoir que si aucune signature n’a encore été faite sur le Brexit, le Royaume-Uni reste membre de l’UE.

    Aussi, on peut imaginer que les jeunes souhaitant s’expatrier à la rentrée prochaine seront alors épargnés par cette décision.

    La fin du programme Erasmus+ ?

    En théorie, le programme Erasmus+ tend à prospérer dans les années à venir, jusqu’en 2020 selon le ministère de l’Education Nationale. L’Angleterre reste à ce jour, le 2e pays le plus prisé des étudiants français avec 38 666 départs en 2013, soit 19,3% des jeunes partis avec Erasmus.

    La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : pourront-ils toujours se rendre au Royaume-Uni dans le cadre de leurs études ? Si la réponse est encore incertaine, le Brexit devrait cependant entraîner une forte croissance des coûts, ce qui reviendrait à des dépenses plus lourdes pour les étudiants. D’autre part, les bourses de mobilité entrante et sortante risquant d’être affectées, l’avenir du programme s’annonce incertain.

    Permis de séjour, visas, quelles sont les nouveautés ?

    Qui dit Brexit, dit obligatoirement visa ? Et si les étudiants Européens n’ont actuellement besoin d’aucun visa pour se déplacer au sein de l’Europe, le Brexit pourrait bien changer la donne….

    Si l’option reste envisageable, on parle aussi d’un statut spécial qui concernerait certains pays, en fonction d’accords bilatéraux qui permettraient à des pays comme la France, de bénéficier de conditions plus favorables.

    Mais au même titre que pour les USA, le Royaume-Uni pourrait imposer à son tour, plusieurs visas pour les voyages touristiques et les séjours d’études ou professionnels. Aucune information n’étant encore donnée à ce jour, ces conditions devraient se jouer durant les négociations.

    Et du point de vue enseignement supérieur ?

    C’est là que les conséquences risquent de faire très mal, car si les jeunes Européens représentent 6 étudiants sur 10 dans les universités britanniques, les différents changements annoncés risquent bien de changer une fois de plus la donne. Les droits d’inscription des étudiants devraient être revus à la hausse par les universités, et les diplômes pourraient aussi ne plus être reconnus par le système universitaire européen.

    Cependant, plusieurs acteurs se veulent être rassurant sur ces propos en indiquant que le Royaume-Uni serait le plus gros perdant dans l’histoire en se privant de milliers d’étudiants internationaux. La question des accords bilatéraux prend donc ici tout son sens afin de maintenir des conditions préférentielles pour favoriser l’accès en termes de visas, tout en maintenant des frais de scolarité acceptables pour tous.

    Ecrit par Constance Michel